Près d’une femme sur huit sera confrontée dans sa vie à un cancer du sein. Si l’infirmière libérale est essentielle dans son accompagnement au domicile, son rôle ne s’arrête pas à l’aspect technique. Beaucoup de questions gravitent autour de la planète cancer du sein qu’il ne faut pas craindre d’explorer ! Que savoir autour des produits et des effets secondaires ? Quand s’inquiéter et que faire ? Comment répondre au mieux aux interrogations des patientes ? Pas de panique, en attendant de suivre une formation pour vous sentir complètement à l’aise, voici le B.A.BA !

Sommaire

  • Mieux connaître le cancer du sein 
  • Quelques points de vigilance 
  • Zoom sur les effets secondaires les plus fréquents
  • Votre vision à 360°

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Mieux connaître le cancer du sein 

D’après L’Institut National du Cancer (INCa), le cancer du sein est le plus fréquent chez la femme. En 2023, plus de 60 000 nouveaux cas estimés ; un chiffre qui a cependant tendance à diminuer depuis 15 ans. Petite parenthèse : si ces messieurs se pensent épargnés, ils se trompent ! C’est très rare, mais 1% des cancers du sein touchent les hommes. Grâce aux différentes innovations thérapeutiques et au dépistage organisé à partir de 50 ans, le taux de survie est de 88% à 5 ans. Différents traitements peuvent être utilisés seuls ou associés : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées. La chimiothérapie débutée en centre de soin peut se prolonger au domicile. Par voie orale, elle ne nécessite pas pour l’instant l’intervention d’une infirmière. Par voie veineuse, elle nécessite des interventions régulières basées sur des protocoles. Il faut savoir que la chimiothérapie est généralement vécue comme le traitement le plus agressif. De par les représentations péjoratives, la femme à qui on annonce une chimiothérapie s’effondre littéralement. La prise en charge au domicile est donc chargée de beaucoup d’appréhension, de tensions et d’émotions. 

Quelques points de vigilance 

  • La patiente a-t-elle une balance ? Le poids sera à surveiller et à relayer, car les doses sont calculées en fonction de la masse corporelle.
  • La patiente a-t-elle un thermomètre et prend-elle sa température de façon fiable ? (rien ne vaut la bonne vieille méthode !). La Neutropénie fébrile (PNN en dessous de 500/mm3 + une température au-delà de 38°) est une urgence en oncologie. Il faut la surveiller de près.
  • La patiente est-elle revenue au domicile avec des ordonnances ? Il vous faut comprendre et planifier la prise des traitements. De plus, des prescriptions peuvent être prévues en cas de fièvre ou d’effets secondaires. Mieux vaut connaître leur existence pour éviter de courir partout le jour où l’on en a vraiment besoin ! D’ailleurs, en parlant d’ordonnances, l’organisation de la surveillance de la chimiothérapie au domicile a-t-elle été prescrite ? Dans le cas contraire, sachez que vous n’avez légalement pas le droit d’intervenir en dehors de vos visites programmées.
  • Et bien sûr, savoir à qui recourir en cas d’urgence : médecin traitant, SOS médecins, urgences…

Zoom sur les effets secondaires les plus fréquents

  • Les nausées et vomissements, très redoutés des patientes, peuvent avoir des complications métaboliques graves s’ils sont intenses. Une hydratation régulière, des repas fractionnés, des activités de défocalisation sont à conseiller. 
  • La diarrhée doit être surveillée pour éviter la déshydratation. En cas de diarrhées profuses (plus de 4 selles liquides par jour) un avis médical est nécessaire. 
  • L’alopécie, les toxicités cutanées (sécheresse, hyperpigmentation…), les toxicités unguéales (décoloration, décollement des ongles…) nécessitent également des soins appropriés.

Plus vous êtes formées, plus vous êtes l’aise sur l’accompagnement de la survenue des effets secondaires : comment les prévenir, les surveiller et les gérer. Par exemple, il est utile de savoir que les GCSF (Facteur de stimulation des colonies de granulocytes) peuvent provoquer des douleurs osseuses, que certaines molécules de chimiothérapie colorent les urines en rouge, que la chute des cheveux se fait progressivement et survient au bout d’une quinzaine de jours, etc. 

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Votre vision à 360°

Mais il n’y a pas que les soins techniques et la surveillance des effets secondaires… Comme vous savez si bien le faire, laissez votre plus-value d’infirmière s’exprimer !

– Intéressez-vous aux soins de support qui peuvent amener un certain confort pendant cette période-là en aidant la patiente à réduire son stress, atténuer sa douleur… De même les associations de malades peuvent être d’un grand soutien.

– Intéressez-vous à la patiente dans sa globalité. Que fait-elle de ses journées ? Quels sont ses centres d’intérêt ? Encouragez-la à poursuivre les activités douces qui lui font du bien. Même en période de chimio, la patiente doit continuer de se sentir vivante et d’éprouver des ressentis positifs et agréables.

– Intéressez-vous aux aidants et prenez en considération leur état : énergie, épuisement…

– Dans l’intérêt de la bonne continuité des soins, regardez s’il existe un document, un carnet de suivi, un livret accompagnant la pose de la CCI (Chambre à Cathéter implantable), qui permet de communiquer avec l’équipe de soin. Et si ce n’est pas le cas, prenez les devants ! Un simple appel ou un petit mot écrit sur papier libre à l’infirmière coordinatrice peut permettre de partager des informations ou de poser des questions. On le dit souvent, mais c’est bien vrai, aucune question n’est bête ! 

– La patiente atteinte de cancer du sein a besoin d’être très entourée dans la nouvelle expérience de santé qu’elle vit : la chimiothérapie impacte les capacités physiques, psychiques et émotionnelles : fatigue, manque de concentration, transformation physique, baisse de moral, perte d’appétit, troubles du sommeil, répercussions familiales et sociales… À chaque visite au domicile, vous allez être sollicitée pour écouter, rassurer, aider à trouver des solutions. Pour y vous y aider, un conseil : prenez le temps de renforcer vos compétences sur le sujet 😉

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